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Ne pas tout gâcher…

Le patron de l'OL doit prendre d'importantes décisions, et très vite.

Après une nouvelle contre-performance face à Saint-Etienne ce dimanche en championnat (1-1), l’Olympique Lyonnais a laissé filer une belle occasion de disputer une demi-finale de Coupe de France en perdant tristement à Caen. En ce début d’année 2018, l’OL cale au pire de moments. Mais ne fait-il réellement que caler ? Cette mauvaise période n’est-elle pas révélatrice d’un mal plus profond touchant le club rhodanien ? Etat des lieux par Who’s The Bet. 


21 juin 2011. Rémi Garde, un historique de la « maison OL », est nommé entraîneur d’une équipe qu’il connaît parfaitement. Adjoint de Paul Le Guen et Gérard Houiller puis directeur du centre de formation, il a vu éclore toute une génération de Gones amenés à prendre de plus en plus de place dans l’effectif professionnel. Le club de Jean-Michel Aulas vient d’entrer dans une nouvelle ère. Finie la domination hexagonale, finies les dépenses illimitées pour attirer des joueurs de niveau international. Place au centre de formation et aux jeunes talents du cru, nouveau stade oblige. 

La stratégie assumée du Président porte ses fruits : si l’OL connaît des résultats sportifs mitigés –un seul titre « majeur » depuis 2008, la Coupe de France 2012–, son projet de grand stade voit le jour. Son club est sur la bonne voie pour redevenir un des grands acteurs du football français, avec l’objectif très clair de le faire au niveau européen dans un second temps. Le 9 janvier, le futur « Groupama Stadium » est (enfin) inauguré. Base du projet d’Aulas, il ne satisfera qu’un temps le peuple lyonnais, impatient de retrouver les hauteurs du championnat de France et les frissons des grandes soirées européennes des années 2000. Aujourd’hui, les choix du président posent question. Si son projet économique est limpide et parfaitement géré, la stratégie sportive reste pour l’instant bien trop floue. Au grand dam de supporters lyonnais à qui la patience commence à manquer. 


La vente de joueurs, nouvelle fierté lyonnaise


En concentrant ses efforts sur les jeunes talents, la direction du club a fait de l’Olympique Lyonnais la référence absolue en termes de formation en France. Chaque année, de nouveaux talents éclosent. Chaque année, deux ou trois Gones quittent leur maison pour se frotter au gratin européen. L’équipe de France est à ce titre un parfait miroir de la formidable réussite rhodanienne : les Martial, Lacazette, Umtiti, Tolisso ou Fekir, intégrés ou très proches de la sélection française, ont tous été formés sur les bords du Rhône. Pour le plus grand bonheur d’un peuple lyonnais qui n’a de cesse de se vanter de la réussite de ses protégés, tant sur la scène européenne qu’internationale. Cette fierté du joueur qui s’exporte bien, du gros transfert, cache pourtant une réalité indiscutable qui freine pour le moment la progression du septuple champion de France : l’Olympique Lyonnais est incapable de retenir ses meilleurs joueurs dès qu’ils explosent. 

Alexandre Lacazette, symbole d'une formation lyonnaise performante.

La dernière intersaison a encore montré la principale limite du projet lyonnais : Alexandre Lacazette et Corentin Tolisso, les deux meilleurs joueurs de la saison, d’une importance capitale dans le parcours européen de l’OL, sont tous deux partis. On peut ajouter Maxime Gonalons, capitaine historique du club et leader dans le vestiaire. La question se posera de nouveau dès cet été : la direction sera-t-elle capable de convaincre Nabil Fekir voire Houssem Aouar, deux « purs » produits lyonnais qui flambent cette saison, de rester au club pour l’aider à grandir ? Rien n’est moins sûr. A moins qu’elle décide de donner un tournant décisif à une stratégie qui semble enfin évoluer. 



Un mercato estival révélateur d’une stratégie ambitieuse 



Cet été, le président Aulas a semblé dessiner les contours d’une nouvelle stratégie pour son club. En vendant des historiques du club, passés par le centre de formation et installés depuis bien longtemps dans l’équipe première, il a sûrement cherché à montrer que cet appui quasi exclusif sur le centre de formation prendrait un jour fin. 

Mariano, serial buteur lyonnais cette saison

Pour remplacer ces irréductibles Gones, la cellule de recrutement lyonnaise a frappé fort. Aucun nom ronflant, aucune star, mais de jeunes joueurs à très fort potentiel qui donnent, dans l’ensemble, satisfaction. Le meilleur exemple est sans doute celui de Mariano Diaz. Arrivé sur la pointe des pieds et avec une pression dantesque liée à la succession de Lacazette, il n’a pas tardé à montrer ses talents de buteur. Il n’a certes pas révolutionné l’OL et reste un joueur perfectible mais il est le symbole d’un club ambitieux, de nouveau prêt à investir sur le marché pour retrouver, à terme, les sommets. 

Si l’OL compte se faire une place dans le cercle fermé des grands d’Europe, il lui reste cependant beaucoup à accomplir. De cette équipe ne se dégage aucune force collective, aucun fond de jeu sur lequel s’appuyer contre des adversaires qui refusent le jeu. Ce jeudi à Caen, onze Lyonnais moribonds ont une nouvelle fois montré l’étendue de leurs difficultés face à un bloc bas et regroupé, incapables de produire le moindre mouvement collectif ni de concrétiser leur légère domination. 


L’arrivée d’un coach de niveau international, étape décisive dans la progression de l’OL 


Un budget de 240 millions (comparable, à titre d’exemple, à celui de l’Atletico Madrid, qui s’élève à 280 millions), un stade splendide, des joueurs de talents, un centre de formation ultra performant. Que manque-t-il alors à ce club ? Que lui faut-il de plus pour retrouver un jeu attrayant et des performances à la hauteur des ambitions qu’il affiche ? Sans aucun doute un grand entraîneur. 

Protégé autant par son Président que par les groupes de supporters influents et les médias, Bruno Génésio est (très) très loin de faire l’unanimité au sein des suiveurs de l’Olympique Lyonnais. Nommé entraîneur en décembre 2015 pour sauver un club en perdition en championnat, il a parfaitement su assurer la mission qui lui était confiée : Lyon a remonté un important retard en championnat, s’emparant de la place de dauphin du PSG en toute fin de saison. Il était, à cette période, évidemment l’homme de la situation : issu de la « maison OL », il connaissait parfaitement l’effectif et a su montrer ses qualités de meneur d’hommes pour redonner une âme à l’équipe. Mais était-ce une obligation de le laisser sur le banc une fois sa mission achevée ? Ne fallait-il pas le féliciter pour son beau travail et lui faire reprendre sa place d’adjoint ? Mais surtout, l’Olympique Lyonnais peut-il vraiment se permettre d’avoir à sa tête un entraîneur sans la moindre référence au niveau national et européen ? Car avant d’entraîner Lyon, Génésio entraîna les clubs de… Villefranche-sur-Saône et Besançon. Un peu léger pour s’asseoir sur le banc du deuxième club le plus puissant en France. 

Ranieiri, une option pour l'OL cet été ?

Jean-Michel Aulas doit désormais réagir, et vite. Parce que son club n’a plus remporté le moindre trophée depuis six ans (sûrement sept dans peu de temps). Parce que son club est en grande difficulté en championnat et qu’il aura beaucoup de mal à accrocher le podium. Mais aussi, et c’est sans doute là le point le plus important, parce que son club est beaucoup trop dépendant des exploits de ses individualités. Où serait l’OL actuellement sans la première partie de saison incroyable de Nabil Fekir ? Les victoires significatives des Lyonnais cette saison ont été obtenues presque à chaque fois grâce à des exploits personnels : l’exemple le plus criant est certainement la victoire face à Monaco en octobre dernier, obtenue dans les derniers instants grâce à un coup-franc de… Nabil Fekir. Il est grand temps que ce club retrouve une force collective. Il est grand temps que le Président tienne sa promesse, celle de (re)faire de son OL un grand d’Europe. Mais sans un grand entraîneur sur le banc, les Gones continueront à regarder les sommets européens depuis le pied de la montagne. 


Pierre-Louis Käppeli 
@PLKappeli

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