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Jusqu’où Bielsa peut-il emmener le LOSC ?

Au côté d'un de ses disciples -Pep Guardiola-, Bielsa semble scruter les moindres faits et gestes de ses joueurs.

A quelques jours de la reprise du championnat de France, Who’s The Bet se penche aujourd’hui sur le LOSC « new look » de Marcelo Bielsa et sur les ambitions qu’il pourrait afficher.



28 juillet 2016, il y a de cela un an. Le LOSC de Frédéric Antonetti sort d’une saison plutôt réussie et accueille la modeste équipe azérie de Qabala dans le cadre du troisième tour préliminaire de la Ligue Europa. Une semaine plus tard, de bien tristes Lillois sont prématurément éliminés, incapables d’inscrire le moindre but en Azerbaïdjan (1-1, 1-0). Cette immense déconvenue n’annonce rien de bon. La saison 2016-2017 ne fera que le confirmer : le LOSC terminera à une anonyme onzième place, un moindre mal après avoir un temps lutté pour ne pas être envoyé à l’échelon inférieur... 

La révolution lilloise s’amorce dès janvier

Comment se relever d’une telle saison ? Comment tourner la page et renouveler une équipe vieillissante et morose qui peine à soulever les foules ? Par un changement brutal et radical. En janvier, l’ère Seydoux s’achève et l’institution est confiée aux mains de Gérard Lopez, connu pour avoir précédemment tenté de prendre les commandes de l’OM. S’amorce alors une révolution qui installera sur le banc un certain Marcelo Bielsa, présenté au mois de mai. De quoi ranimer un enthousiasme disparu depuis bien longtemps dans le Nord. 


La révolution n’est alors plus uniquement institutionnelle. En effet, l’arrivée « d’El Loco » s’accompagne d’une complète transformation de l’effectif. Preuve en est, seuls douze des vingt-sept joueurs recensés dans l’effectif 2016-2017 semblent, pour le moment, obtenir les faveurs de l’entraîneur argentin. La révolution est donc réelle, massive. Et elle donne au LOSC un fort accent sud-américain : quatre Brésiliens (Luiz Araujo, Thiago Maïa, Thiago Mendes et Caju) rejoignent le Paraguayen Junior Alonso, arrivé dès cet hiver. Le professeur Bielsa place ses pions. 

« Les plus pauvres ont seulement le football pour se divertir, et ça me coûte de leur dire qu’on aurait seulement des résultats à leur offrir. »

L’entraîneur argentin semble donc presque repartir de zéro. Mais est-ce vraiment étonnant ? Si son arrivée du côté de la Canebière à l’été 2014 n’avait pas engendré une telle refonte de l’effectif, il avait donné un tout autre visage à l’équipe olympienne, et - excusez du peu -, ramené les foules au stade par la curiosité qu’il suscitait. Cette simple curiosité se transforma très rapidement en un amour fou pour un homme qui, de son propre aveu, privilégie le spectacle au résultat : « Pour moi, il faudrait châtier celui qui sacrifie la manière et la beauté du jeu. Les plus pauvres ont seulement le football pour se divertir, et ça me coûte de leur dire qu’on aurait seulement des résultats à leur offrir. ». Une vision du football qui ne pouvait on ne peut mieux coller à un public marseillais amateur d’émotions et de beau jeu. Si la ferveur nordiste est incomparable, les travées du stade Pierre Mauroy pourraient très rapidement tomber dans cette fantastique ivresse, emportées par la beauté du jeu instauré par le magicien argentin. Non, c’est clair, la saison qui s’annonce risque de ne ressembler en rien à celle qui s’acheva il y a quelques mois. 

Une osmose à créer

Il reste désormais un défi pour le LOSC version 2017-2018, et un défi de taille : donner une âme à ce groupe complètement renouvelé et l’unir autour du projet de jeu défendu par Bielsa. « L’homme à la glacière » - oui, oui, certains journalistes français ont eu l’audace de réduire cet amoureux du football à sa posture pendant les matchs, assis sur sa glacière – a réussi dans cette entreprise dans bon nombre d’équipes qu’il a façonné. Ainsi, après avoir fait rêver les Basques de Bilbao sur la scène européenne et ranimé l’immense ferveur marseillaise, « El Loco » pourrait donner au public lillois le droit – à son tour – de s’enflammer. 


La magie argentine semble en tout cas déjà en marche : la campagne d’abonnements bat son plein, les matchs amicaux attirent ; bref, le public paraît déjà revivre. Et, sur le terrain, les Dogues font bonne figure. Les quatre premiers matchs amicaux ont mis en lumière des joueurs fringants, morts de faim, affutés et plus offensifs que jamais. Dans cet immense chantier, une tendance semble d’ailleurs déjà se dessiner : le quatuor offensif Benzia – El Ghazi – Araujo – De Préville a disputé l’ensemble des matchs de l’ère Bielsa d’entrée de jeu. Et comment ne pas se réjouir d’un secteur offensif aussi talentueux et fin techniquement ? Comme le dit Bielsa lui-même, « tout part des joueurs de talent ». Autour desquels il est en train de bâtir un collectif plus qu’attrayant. Si l’osmose que l’on a vu apparaître lors de matchs amicaux se confirme dès le mois d’août, ce LOSC peut viser haut, très haut même… Au point de croire au titre ? L’OM du professeur Bielsa était bien leader à la trêve hivernale. Certes, il s’écroula par la suite, terminant même au pied du podium. Mais un professeur apprenant toujours de ses erreurs, le stade Pierre Mauroy peut se prendre à rêver…



Pierre-Louis
Rédacteur Ligue 1
@PLKappeli

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